Salimatou BAH, Présidente AFELGUI: Une actrice de développement en herbe

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Salimatou Bah, Présidente de l'Association des Filles et Femmes Leaders de Guinée

Originaire de la ville d’alumine de Fria, Salimatou Bah est une étudiante, activiste, actrice de développement et présidente de l’Association des Filles et Femmes Leaders de Guinée (AFELGUI). Elle est aujourd’hui sur une voie vers un changement qualitatif de la femme guinéenne. Un résultat obtenu grâce à l’implication de ses parents sous toutes les formes pour son avenir depuis qu’elle était toute petite.

Âgée de 23 ans, Salimatou Bah a grandi auprès de ses parents. Dès l’enfance, elle voyait souvent son père s’opposer à ses amis quand ceux-ci venaient lui demander son avis par rapport aux mariages de leurs filles très tôt. Une histoire qui tient à cœur cette jeune étudiante de son état. Selon elle, cette approche lui a donné toujours de souffle. ‘’Même si vos filles ont l’âge de se marier, mais accordez-les encore du temps pour qu’elles puissent finir leurs études car, leurs diplômes ou métiers doivent être leur premier mari avant le foyer’’, disait son père.

« Au fil du temps, j’ai compris que mon papa faisait un travail très noble et très important pour les voisins mais aussi celles des jeunes filles en général. C’est pourquoi en 2ème année Université, précisément en mars 2018, j’ai co-fondé avec une amie, actuelle vice-présidente de notre organisation dénommée Association des Filles et Femmes Leaders de Guinée (AFELGUI). Ce travail est rendu possible de plus par l’adhésion d’un groupe d’étudiantes engagées et passionnées pour le bien-être de la couche féminine. Objectif, lutter contre toutes sortes de violences à l’égard des femmes et filles, promouvoir leur autonomisation et émancipation à travers l’entrepreneuriat et le leadership féminin », s’est engagée la vingtaine.

Entrée à l’école en 2003, Salimatou a fait tout son cursus élémentaire et secondaire à Fria jusqu’en 2016. A l’en croire, elle a eu du mal à s’intégrer par faute de timidité. Mais quelques temps après, elle s’est rattrapée à travers ses amis dans des groupes. Elle reste tout de même optimiste dans ses actions en étant fière de sa famille.

« Je le dis même souvent à travers mes publications, que j’ai eu la chance d’avoir des parents illettrés mais, qui ont compris très tôt que l’éducation de la jeune fille est primordiale. À l’école primaire j’étais très timide. C’est au collège que j’ai commencé de parler devant le public en 7ème année pour le tout 1er exposé en histoire. Au lycée pour la première fois, j’ai intégré le club appelé Cercle Littéraire Alioune N’fantouré de la Bibliothèque Préfectorale de Fria en 2015. Et c’est là où j’ai eu assez d’expériences sur la prise de parole en public à travers des débats, le théâtre, la lecture et la diction. C’est pourquoi, ce club est devenu une véritable fierté pour moi. C’est ainsi que j’ai embrassé la vie associative », s’est rappelée ce produit du Lycée Amilcar Cabral.

Actuelle étudiante à l’Université de Kindia, Facultés des sciences sociales, département sociologie et concentration sociologie des organisations, Bah est nourrie de plusieurs ambitions dans le futur pour pouvoir redonner une autre place à la femme guinéenne, surtout celle communautaire.

« Nos ambitions sont nombreuses. Mais les principales sont entre autres: voir que chaque fille ou femme a la capacité, le courage et les moyens indispensables afin de forger son propre destin. En plus, c’est de faire en sorte que filles et femmes du monde rural bénéficient une formation sur la santé et l’hygiène sexuelle intime. Un projet a déjà été lancé à cet effet le 1er décembre dernier à l’Université de Kindia», a précisé la présidente de l’AFELGUI.

Réussir est un véritable secret de polichinelle pour certains. Mais pour Salimatou Bah, seul le courage, la confiance en soi et l’amour de ce que l’on fait qui l’inspirent dans ces actions.

Ada Barry

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