Maïmouna SOW, journaliste: « La vie est une grande entreprise. Pour la réussir, il faut miser gros,…»

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Maïmouna Sow, Journaliste

Comme nombreuses femmes, Maïmouna SOW est une journaliste qui inspire plus d’un en Guinée et dans la sous-région. Cette dame, mère d’un petit garçon qu’elle adore assez a un parcours enrichissant et motivant pour la nouvelle génération de pouvoir prendre leur destin en main. Maïmouna a connu un encadrement réussi par rapport à certaines jeunes femmes et filles. Dans cette interview exclusive qu’elle a accordée à notre rédaction, elle revient de fond en large sur son parcours professionnel tout en abordant ses ambitions futures.

Faites-vous revivre votre enfance largement?

Je suis née à Kouroussa. Après ma naissance, mon papa est rentré définitivement à Labé avec sa famille. C’est là où j’ai grandi au milieu de deux grands frères et deux grandes sœurs. Mes parents (Paix à l’âme de Papa qui est décédé en 2013) étaient proches de nous. Ma mère était très stricte (rire) avec nous, tout le monde connaît Madame SOW de Pounthioun (mon quartier à Labé).

Mon enfance se résume à l’école, aux travaux ménagers et à beaucoup de lectures (c’était mon vice, mon instant de détente: lire). Ces instants me manquent et j’avoue que je suis très fière de l’éducation de mes parents, je vous aime!!!

Parlez-nous de votre parcours scolaire et Universitaire?

Maïmouna Sow était célèbre comme Oprah Winfrey à Labé. Pour ceux qui me connaissent, j’ai toujours travaillé pour être la meilleure à l’école. Du collège au lycée, j’ai toujours occupé la première place à Bhoundhou Gandal. Nous sommes les pionniers de cette école avec les Oulin Souaré, les Cherif Diallo…. Je suis fière d’avoir contribué à la promotion positive de cette école.

Je suis heureuse de ma formation guinéenne. A Bhoundhou Gandal, mon nom est toujours cité comme un exemple de bravoure et de bonne conduite. Ah ça me manque cette célébrité (Rire!)

En 2010, je sors 1ère de la Région Administrative de Labé au baccalauréat. On respecte mon choix et je suis orientée à la faculté des sciences politiques et juridiques à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry (UGLC-SC).

Je pose mes valises à Conakry pour la 3ème fois après des vacances scolaires effectuées chez un oncle et un grand frère les années précédentes. Mon séjour universitaire est incroyable, je côtoie des amis qui sont restés une famille. Et je suis encadrée par des enseignants extraordinaires qui occupent des fonctions considérables aujourd’hui dans notre pays. Au département de Droit à Sonfonia, mon nom y est resté positivement. J’en suis fière!!!

Que peut-on retenir de votre parcours professionnel?

Je construis ce parcours toujours. Mais, il est riche! J’ai neuf (9) ans d’expériences dans les médias. Entre le journalisme et moi, c’est une question de passion. En 2010 alors que j’étais au lycée, je commence à Espace Fouta comme présentatrice (flashs- journaux). En plus, j’étais animatrice d’émission (Question de femme-made in Labé-Espace santé) au sein du même média. Une fois ici, je poursuis dans la maison mère Espace Guinée, j’ai été journaliste présentatrice des grandes éditions de 18h et les journaux de l’an, animatrice (Biz-Question de femme…). J’ai fait même de la télé et je finis par présenter le journal de l’an sur Espace TV auprès d’autres confrères.

Le 18 janvier 2018, je quitte volontairement ce groupe en démissionnant. Je suis recrutée comme Directrice des ressources humaines à Djoliba fm. Ensuite à Rarili News comme Rédactrice, puis à Lynx FM comme animatrice de la matinale et bien évidemment présentatrice (j’avais le plus que je recherchais).

Courant 2018 toujours, je suis également prise comme rédactrice à senemusic, un site sénégalais. Directrice commerciale d’une agence digitale. Entre temps, on m’offre un site web dénommé ‘’Highlevelgn’’’. Je me retrouve à la tête du site. Mais avec mes projets personnels et mes travaux professionnels, je suis très occupée. Et le site est en veille.

Mais entre janvier et février, j’ai fait travailler ma plume et rencontré des personnes extraordinaires qui sont devenues des amis. Entre le Sénégal, le Burkina Faso, le Maroc, la Côte d’Ivoire, la Russie et Haïti, j’ai fait découvrir à mes lecteurs des personnes incroyables.

Comment gérez-vous vos activités familiales et professionnelles à la fois quand on sait que le journalisme est un domaine où il n’y a pratiquement pas de repos?

Vous savez, la question vaut son pesant d’or. Ce n’est jamais facile d’allier le travail professionnel et celui du ménage. Cependant, l’adaptation reste l’unique chance dans ce genre d’exercice. Raison pour laquelle j’ai jugé utile de repartir sur des nouvelles bases. D’ailleurs, je ne sais pas si je dois vous le dire maintenant (Rire !) mais par la force d’une conviction, je suis sur un projet qui remettra de l’ordre dans ma vie (moi je l’appelle clé de répartition). En tout cas, je l’espère bien.

Comment étaient vos premiers pas dans le métier de journaliste en Guinée?

Laurent Sadoux, Alain Foca, Venuste Tshimimana, ces noms ont bercé mon enfance. Quand je ne lisais pas, j’écoutais de la radio notamment RFI ou BBC. J’ai commencé les présentations dans ma chambre. Mon petit frère se moquait encore de moi. Personne ne savait pourquoi je le faisais? Mais moi j’aimais le faire. En 2010, je pars voir le Directeur d’espace Fouta, qui est Oumar Barry. Sans expérience professionnelle (je n’avais que mon parcours scolaire sur mon curriculum vitae ‘’CV’’. Rire…) et je suis acceptée. Merci Oumby pour la voie!

Qu’est-ce qui a assez retenu votre attention dans l’émancipation de la femme guinéenne ces dernières années?

Je suis de cette génération vous le savez. Je suis née libre et jusqu’ici je suis ma voie sans crainte. C’est le cas pour beaucoup de jeunes femmes.

La femme guinéenne souffre sans doute mais son engagement est réel. Et ça, c’est merveilleux! Je côtoie assez de femmes fortes qui ne sont pas forcément parties à l’école mais qui sont émancipées. Elles assument leurs vies et s’en sortent seules. Sans bruit! Elles ont mon respect. Le chemin reste cependant énorme puisque des discriminations à notre égard sont là. Nous les vivons au quotidien. Je suis contente mais pas assez. Nous pouvons faire mieux. Ce qui est choquant, ce qu’à chaque 8 mars par exemple, on fait semblant de redonner les droits à la femme guinéenne. Juste après, la routine recommence. Et depuis des années, cette fête est célébrée de la même manière. C’est écœurant!

L’émancipation, c’est avant tout une liberté intérieure. Malheureusement, beaucoup de femmes se mentent. Elles pensent être libres mais sont enfermées par ce que j’appelle ‘’le semblant libre’’. L’engagement est tout d’abord personnel, la victoire est toujours collective.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous vous êtes confrontées?

C’est une blague? Rireeee!!!! Depuis mon accouchement, je pense pour deux. Je ne suis pas souvent libre à cause de mon enfant. Mais j’assume et je m’en sors, c’est l’essentiel. Je suis sélectionnée présidente d’un jury à un concours actuellement mais mon enfant est en congé et je ne peux y prendre part.

C’est très difficile, les travaux du foyer sont imprévisibles et il faut être présent pour sa famille. C’est ce que j’essaie de faire. De toutes les manières, c’est temporaire. Du coup, qu’est-ce qu’on fait? On surmonte les difficultés et c’est pédagogique.

Dites-nous quelques unes de vos ambitions dans le futur?

Mes ambitions sont médiatiques, le micro m’habite. Je reviens bientôt mes ami(e)s. Je vais relancer mon site d’information plus tard. C’est certain.

A moyen terme, je monte une activité qui peut me permettre de travailler chez moi et de sortir par rendez-vous. J’avoue que c’est satisfaisant. Je suis à fond sur ça. A un moment donné, la responsabilité familiale l’emporte sur la passion. C’est une phase de transition mais c’est une bonne solution. On travaille pour vivre.

Qu’avez-vous des conseils à prodiguer à la jeune génération (fille et femme)?

La persévérance! La vie n’est pas facile. Soyez patientes mais ne perdez jamais votre temps sur des futilités. La vie est une grande entreprise. Pour la réussir, il faut miser gros, prendre des risques. Certains diront que vous êtes folles, pressées sans doute mais l’essentiel c’est votre cible. Il ne faut jamais la rater. Vous aurez raison sur les gens qui doutent de vous!

Interview réalisée par Adama BARRY

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