Madame Sall Kadiatou, Enseignante chercheure et Cheffe d’entreprise, Du sac à dos à une entreprise formelle en extension

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Avec une enfance très merveilleuse, Madame Sall née Kadiatou Sall l’a passé à Pita et à Kindia avec ses parents. Depuis son enfance, la première fille (aînée) de la famille avait toujours confiance en elle, aimait agir comme un leader en famille et avec ses amis. Son papa était son meilleur ami qui l’aidait à traiter ses devoirs à la maison. Cette bravoure a permis à Madame Sall d’être enseignante chercheure aujourd’hui à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, à la Faculté des Sciences Économiques et de gestion. Mais ce n’est pas tout car, dans le domaine entrepreneurial, elle occupe le poste de Gestion et de Cheffe d’entreprise dénommée ‘’société d’études, de prestations, d’intermédiations et de commerce’’ (SEPIC –S.A.R.L). Cette dame ne cesse de rendre grâce au Tout-Puissant ALLAH qui a mis sur son chemin des personnes qui ont effectivement contribué à sa réussite, ces personnes sont ses parents, son époux et ses amis.

Scolarisée en 1992 dans la préfecture de Pita, précisément à Maci, Kadiatou Sall a passé ses études primaires de la 2ère en 5ème année dans Pita (Guèmé). Entre temps dit-elle, son papa qui est ingénieur agronome a été muté à Sougueta dans Kindia, pour des services professionnels. « Là, je devrais faire la 6èmeannée. On me disait que j’étais très petite et il fallait que je reprenne la 5ème année. Une chose que je n’avais jamais aimé car, cela me dérange jusqu’à présent (Rire!) », s’est-elle rappelée.

Après l’obtention de l’examen d’entrée en 7èmeannée, elle a fait ses études secondaires (de la 7èmeen terminale) au Lycée Sambaya, option sciences mathématiques. Admise au Bac2 en 2006, elle a été orientée à l’UGLC, Option Économie Finances. Dès après ses quatre ans d’études passées à Sonfonia, elle passe à la vitesse supérieure pour soutenir sous le thème intitulé : ‘’L’intermédiation Bancaire et la Gestion des Ressources’’. Un choix qui a permis à cette dame d’avoir l’idée d’entreprendre.

« C’est ce qui m’a d’ailleurs beaucoup inspiré à entreprendre. Je me suis dit pourquoi ne pas entreprendre même avec zéro franc guinéen ? Je me dis que c’est possible parce que les banques qu’est-ce qu’elles font, elles reçoivent les fonds du public et octroient ce fonds aux agents en besoin de financement. Moi aussi n’ayant rien, je pouvais faire l’intermédiation », a déclaré Madame Sall.

Animée et engagée pour toujours prouver sa capacité managériale, dame Sall poursuit sa formation, mais cette fois en Master ‘’Audit et contrôle de Gestion’’ depuis 2017 dont elle est en phase de recherche scientifique actuellement. Car, dit-elle, c’est un processus un peu long et qui demande l’approfondissement des études.

Trouver un emploi, après avoir fini les études est le rêve de tout diplômé. Pour Kadiatou Sall, c’était encore plus sûr qu’elle croyait. Mais quelques temps après, elle en découvre une autre face cachée de la vie.

« Dès après ma soutenance, pour moi tout allait être facile dans le cadre de l’obtention d’un ’emploi décent en Guinée. Je croyais tellement que le diplôme de maîtrise là, c’était le High Level ! Malheureusement pour moi, j’ai photocopié mon diplôme en 20 copies légalisées dans l’intention de déposer dans les banques, les entreprises et cabinets sans suite favorable. Pourtant, lorsque je soutenais, j’étais à mon 8ème mois de grossesse à ma 2ème fille, cela après toutes les difficultés que j’ai rencontrées pendant mes études », a ironisé cette chercheure et entrepreneure.

Des recommandations incessantes

Malgré le courage et la détermination qui animaient cette brave dame quand elle était étudiante, elle n’a bénéficié que de deux stages qui sont d’ailleurs le fruit des recommandations à International Commercial Bank (ICB) et à la paierie générale du trésor public : « Je me suis posée encore la question de savoir : tu étudies, tu finis mais il faut aussi qu’on te recommande pour que tu aies le travail ?», s’est-elle interrogée.

Madame Sall Kadiatou, cheffe d’entreprise, une brave aux ambitions salvatrices pour sa communauté

Compte tenu de sa motivation et ses compétences, l’une de ses amies a pensé à elle pour une opportunité, cette fois dans une galerie de la place en qualité de caissière. Une proposition que cette jeune dame a accepté sans aucune interrogation dans le seul but de lier la théorie à la pratique pendant qu’elle assistait un professeur dans les Universités mais en vain.

« J’ai constaté l’exploitation des travailleurs, ce qui à mon avis est anormal de la part des employeurs. Et moi j’avais des enfants, chaque jour, je revenais très tard. Il fallait que je donne des cours de révisions à ma fille qui faisait la 2ème année pour ne pas qu’elle perde le niveau. La deuxième que je venais d’accoucher aussi, je commençais même à perdre son amour. Un jour, j’ai demandé à mon chef, l’heure à laquelle il allait me permettre de rentrer afin que je puisse préparer pour mon mari pendant le mois de ramadan ? Il a répondu que les femmes ne pouvaient être libres qu’à 16h. Depuis ce jour, je n’ai pas eu peur de dire à mon chef que je démissionne, pendant que je n’avais même pas signé un contrat de travail. C’est après cet instant que je me suis décidée de ne jamais travailler pour quelqu’un. Ma décision de ne plus chercher de l’emploi a même été mal vue par mon mari et parents, à chaque fois ils me critiquaient, mais j’avais déjà ma décision prise», a martelé cette mère.

Durant son passage dans cette galerie, Kadiatou a toujours gardé contact avec les clients qu’elle recevait à travers la conservation de leurs cartes de visites. Des relations qui l’ont permis d’exploiter certains champs d’opportunités par la suite, c’est le cas d’une femme leader qui avait un institut de beauté au naturel Almamyah.

Du sac à dos à une entreprise formelle

Continuer à travailler pour quelqu’un n’est pas une chose aisée car les employés aident les employeurs à réaliser leur rêve, pendant que l’employé n’a pas une vie de rêve. Mais pour cette jeune dame, c’était une opportunité de préparer à entrer dans le monde de l’entrepreneuriat féminin. C’est pourquoi son passage dans cette galerie lui a donné une autre expérience, cette fois travailler pour soi afin d’être indépendante financièrement.

« J’avais épargné deux cent mille francs guinéens (200.000fg). Dans cet argent-là, j’ai pris 158.000fg comme ma première facture pour acheter des produits cosmétiques, des produits de beauté. Ensuite, je me suis donnée une idée de me diriger vers là où j’ai fait le stage aux finances à la paierie générale du trésor. C’est ainsi que j’ai commencé à entreprendre. Et de là, j’ai acheté un sac à dos, j’ai mis mes produits dedans. Je partais difficilement des fois mais je me suis dit parce que je veux entreprendre moi-même, je vais apprendre comment entreprendre et se faire de l’argent », a-t-elle décidé.

Lorsqu’on se fixe des objectifs avec des idées concrètes dit-elle, il faut aussi être persévérant car tout ce qu’elle voyait c’est la réussite sans plus regarder les échecs. Mariée dès après l’obtention de son bac et mère de quatre (4) enfants aujourd’hui, cette entrepreneure a toujours tenu tête. C’est pourquoi, elle a bénéficié des assistances de part et d’autres par ses proches pour l’extension de son entreprise. « J’ai eu une amie qui m’a accordé un montant de 500.000fg pour rehausser mon capital. Cela a évolué et un jour mon mari même m’a dit tu n’abandonnes pas, je lui ai dit directement que je ne vais jamais abandonner. C’est ainsi qu’il m’a aussi encouragé et soutenu. C’est comme ça que j’ai créé la boutique de l’informel qui est là sous le nom de ma première fille ‘’Binshop & Business’’ qui passe pour la 8ème année, et aujourd’hui je suis cheffe d’entreprise ».

Pour renforcer sa capacité de gestionnaire, elle a participé à des formations sur la comptabilité, l’esprit d’entreprise, le leadership, la vie associative, l’apprentissage de la langue anglaise avec le programme de l’Ambassade des États-Unis en Guinée à l’UGLC, sans espérer sur un emploi de quiconque : « ce qui n’a pas été vraiment facile pour moi c’est l’emploi, je n’ai jamais signé un contrat de travail ».

Dans le souci d’aider sa communauté, cette jeune enseignante chercheure et entrepreneure a des projets salvateurs entre autres : participer au développement durable du pays dans divers domaines à travers l’éducation, développer ses entreprises en ayant une holding dans quelques années où les personnes les plus vulnérables seront prioritaires, assister beaucoup des jeunes femmes et filles à créer leurs propres entreprises. Ce n’est pas tout, car, cette brave dame, travaille également sur un projet portant sur une recherche qualitative relative à l’entrepreneuriat féminin en Guinée, avec une américaine du nom de Marissa Kaloga Full Brith.

Pour rappel, Madame Sall née Kadiatou Sall est membre du Collectif des Enseignants Chercheurs de Guinée, et membre du Club National des Entrepreneurs de Guinée

La Rédaction

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