Hadja Kade Barry, Rédactrice en chef adjointe du groupe Évasion guinée : « Le début n’a pas été facile mais j’ai pu tenir le coup »

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Hadja Kade BARRY, Journaliste Reporter d'image et Rédactrice en chef adjointe du groupe Évasion Guinée

Née en 1991 à Dalaba, de la Moyenne Guinée, Hadja Kade Barry est journaliste reporter d’image et Rédactrice en Chef Adjointe du Groupe Évasion Guinée. Cette jeune dame à travers son dévouement a pu retenir l’attention de plus d’un en Guinée. Dans cette interview exclusive qu’elle a accordée à votre média en ligne femmetalent.com, elle a abordé largement ses parcours et a projeté ses projets futurs avec objectivité et sérénité.

Racontez-nous votre enfance?
Je suis issue d’une famille très modeste dont le père était fonctionnaire de l’État et la mère commerçante. J’ai grandi dans une cité construite par les colons blancs. Du coup, j’ai vécu mon enfance dans de très bonnes conditions même si mon père était décédé si tôt. Que son âme repose en paix Amine! Mais j’ai eu la chance d’être formée par lui-même avant son décès. Après, mon niveau d’encadrement n’a pas changé. Ma maman était là pour nous soutenir (mes 3 frères et une 1 sœur), en tout 5 enfants. Et nous avons tous étudié grâce à la bravoure de ma mère dont je ne peux rembourser pour ses efforts. En plus, j’ai fait le reste de mon enfance avec mon oncle maternel Ismaël Souaré qui a aussi participé à mon éducation.

Que peut-on retenir de votre parcours scolaire et Universitaire?
Je suis rentrée à l’école en 1998 à Tangama dans la préfecture de Dalaba. A l’école primaire déjà, j’ai commencé à me démarquer des autres à travers mon intelligence, mes notes et le fait que je voulais déclasser les hommes et être la première de ma classe même si ça n’a pas souvent abouti, j’ai toujours figuré parmi les 5 premiers. Cela donnait plus de force à ma mère qui se battait pour le bien de ses enfants que nous sommes. Vous savez dans notre communauté, on ne considère que les vivants. Quand mon papa était décédé, les plus proches se sont désengagés et ont laissé ma mère mener seule le combat et ce combat a porté fruit aujourd’hui. Après avoir été admise à l’examen d’entrée en 7ème année, j’ai poursuivi mon collège au centre allant de 2003 à 2008 et le lycée à Behanzin de 2008 à 2011. Par la suite, j’ai été au Baccalauréat Unique option sciences sociales. Du coup, j’ai été orientée à l’ISIC de Kountia pour le journalisme d’où j’ai fait 4 ans d’étude (2011-2015). Dans ce département de journalisme, je me suis spécialisée en audiovisual (Radio et Télévision).

Il y a plusieurs métiers dans ce pays dont les femmes embarrassent mais vous, vous avez choisi le journaliste. Quelles sont les raisons de ce choix ?
Après mes études primaires et secondaires, j’ai opté pour le journalisme à l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC) de Kountia, un choix qui n’est pas fortuit puisque c’est un rêve d’enfance que j’ai réalisé. Je me rappelle quand on donnait des exercices en rédaction pour que chaque élève puisse parler d’un projet d’avenir, je disais toujours je vais devenir journaliste.  C’est la promesse à mon père et je l’ai tenue. Il m’a souvent fait des bénédictions en ces termes : ‘’ma fille, ton rêve va se réaliser par la grâce de Dieu’’. Et c’est ce qui fut fait depuis quelques années de cela.

Depuis quand, vous êtes dans ce métier de journaliste. Et qui vous a inspiré de plus ?
J’ai commencé mon stage en 2014 à la Fondation Hirondelle. Puis, je suis venue en 2015 à Sabari FM. Maintenant de Sabari FM, j’ai rejoint le Groupe Évasion Guinée toujours en tant que stagiaire. Le début n’a pas été facile mais j’ai pu tenir le coup. En 2017, on m’a maintenu comme journaliste reporter. Et en 2018, grâce à la bravoure, le courage et le sérieux dans ce que je fais, je suis nommée Rédactrice en Chef adjointe au sein dudit groupe de presse.
Cette nomination n’a pas étonné mon entourage car chacun disait que j’ai mérité mon poste à cause de mon dévouement pour le travail.
Les journalistes qui m’ont inspiré dès mon enfance, c’est Cécile Galluccio de France 24 et Hadja Aissatou Bella Diallo dès l’enfance.

Qu’en est-il votre premier pas dans ce domaine professionnel ?
Pour un début vous êtes bleus pensant connaître tout. Mais si vous avez bien assimilé les cours à la fac, ça devient moins compliqué pour vous. Il suffira juste de joindre la théorie à la pratique. Donc pour moi, cette étape ne m’a pas fatigué trop car j’avais déjà les prérequis depuis quand j’étais sur les bancs avec les multiples devoirs qu’on nous donnait.

Certaines filles de la nouvelle génération vous prennent aussi comme une journaliste modèle. Qu’en est-il votre réaction ?
En fait, on ne peut considérer quelq’un comme un modèle sans pour autant retrouver les qualités recherchées en lui. Si aujourd’hui on me considère comme journaliste modèle, c’est parce que je me suis donnée à fond, je fais mon boulot par amour. Il n’y a pas d’argent dans ce métier, c’est juste une question d’honneur et de crédibilité. Je me suis souvent dit si tu fais bien ton boulot dans les règles de l’art, c’est les gens qui viendront t’apprécier comme on aime le dire ‘’seul le travail qui paie’’. Donc, ce n’est nullement un secret pour réussir mais le travail de dur labeur de façon permanente.

Qu’est-ce qui vous a marqué de plus dans le journalisme ?
Ce qui m’a marqué fortement dans ce métier, c’est entre autres : les voyages, les découvertes et surtout les rencontres des grandes personnalités. A cause de ce métier, j’ai remplis mon carnet d’adresses et j’ai découvert presque toutes les localités du pays.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées dans l’exercice de ce métier ?
Les difficultés n’en finissent pas. C’est un métier noble mais parfois ingrat, c’est le quotidien en fait. En plus, tous les jours c’est un défi, c’est un boulot à temps plein qui n’est pas réglementé en Guinée depuis plusieurs années. Les journalistes ne bénéficient pas d’un bon traitement salarial, les soins de santé et sécurité sociale. Et là aussi, malgré tout le salaire ne fait même pas le minimum.

Quels sont vos projets dans le futur en tant que journaliste modèle ?
Mes ambitions sont grandes dont je ne saurai vous dire tout. Retenez juste que j’envisage de devenir une grande entrepreneure. Mais pour ce faire, je poursuivrai mes études d’abord à l’étranger pour mieux s’y prendre si les moyens me le permettent bien sûr. Et les autres projets, je vous tiendrai au courant car c’est une question d’importance et de planification.

Qu’avez-vous à dire à la nouvelle génération comme conseils ?
Je demande à la nouvelle et future génération de privilégier la formation. Nous vivons dans un monde moderne où le numérique prend le dessus, il arrivera à un moment où seuls les lettrés pourront bénéficier de quoi que ça soit. Étudier ne veut pas forcément dire qu’on doit travailler au sein de l’administration publique ou encore moins dans une entreprise privée. Ce n’est pas le cas, mais étudier activement, nous pouvons être notre propre patron en innovant. C’est-à-dire, créer et entreprendre pour un meilleur avenir. Pour y arriver, il faut attacher la ceinture de sécurité en travaillant dur, ça ne coûte rien si ce n’est de la récompense. La jeunesse doit accepter de se former pour servir leur nation. Cela peut empêcher la flambée de plusieurs fléaux comme l’immigration clandestine. Je termine en ces termes de Nelson Mandela qui disait : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on peut utiliser pour changer le monde ».

Interview réalisée par Adama Barry

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