Dr Djamila Ferdjani, médecin et présidente de la Fédération nigérienne de basket-ball, Une panafricaine au service de la population

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De nationalité Nigérienne, Dr Djamila Ferdjani est une femme médecin et entrepreneure modèle sur le continent africain et le reste du monde. Elle a été la première femme présidente d’une fédération nationale de sport au Niger, la Fédération nigérienne de basket-ball. Cette brave dame est parmi les premières femmes nigériennes médecin et entrepreneure, avec la fondation d’une polyclinique multidisciplinaire privée à Niamey en 1992, la polyclinique ProSanté. Commentatrice et militante sociale, elle fait partie des utilisatrices Africaines les plus actives sur les réseaux sociaux, notamment Twitter et Facebook, qu’elle utilise pour informer et mobiliser la jeunesse africaine. Son objectif est de faciliter et promouvoir le changement sociétal et l’émergence d’un mouvement panafricain, solidaire, volontaire et égalitaire.

Djamila Ferdjani est née le 3 février 1962 en Algérie, à Aoulef, village situé à 1 400 kilomètres au sud d’Alger, aux portes du Niger et du Mali. Engagée dans la résistance face aux forces coloniales françaises pendant la Guerre d’Algérie, sa famille émigre d’abord à Gao au Mali, où elle passe les deux premières années de sa vie. À partir de 1964, ses parents s’installent au Niger, d’abord à Téra, village situé à 170 kilomètres à l’ouest de Niamey, puis dans la capitale à partir de 1967. Deuxième enfant d’une fratrie de neuf garçons et de six filles, Djamila Ferdjani est élevée dans une famille musulmane pratiquante, polygame et multiculturelle. En effet, les deux épouses de son père sont respectivement Algérienne et Malienne.

Le commerce étant le secteur d’activité familial traditionnel, dame Djamila est plutôt encouragée à devenir elle-aussi mère de famille et femme au foyer. C’est pourquoi, elle a toujours souhaité obtenir son indépendance financière et aider les autres à travers ses études. « J’ai dû évoluer pas à pas, lutter tous les jours pour essayer d’être parmi les meilleurs élèves, à chaque niveau d’étude, pour que mes parents n’aient rien à dire et me laisse continuer vers l’étape suivante », a-t-elle martelé.

Elle commence sa scolarité à Niamey, au lycée français La Fontaine de Niamey, lorsque sa famille s’installe dans la capitale. Après l’obtention de son baccalauréat en 1981, elle entame ses études de médecine à la faculté de sciences de la santé de Niamey. À l’âge de 19 ans, durant sa première année d’études, elle se marie avec un Nigérien, avec lequel elle aura par la suite cinq enfants.

En 1989, elle obtient son doctorat en médecine avec un prix d’excellence et les félicitations du jury. Sa thèse porte sur le diagnostic et la prise en charge des enfants nés avec des malformations cardiaques. Il s’agit, plus spécifiquement, des enfants acheminés sur Genève et opérés par l’organisation non gouvernementale suisse Terre des Hommes. En 2002, après douze années de pratique médicale clinique au Niger, elle reprend des études de spécialisation en médecine aéronautique, et obtient également un diplôme universitaire en économie de la santé à la faculté de médecine de Paris.

Une carrière professionnelle exemplaire

Entamant une vie professionnelle après ses brillantes études, Dr Djamila Ferdjani s’est donnée principalement trois axes : la santé, l’équité sociale (notamment la condition des femmes et des jeunes) et le panafricanisme. C’est pourquoi, dès en 1992, sous sa double casquette de médecin et de femme entrepreneure, elle fait figure de pionnière parmi les Nigériennes en fondant la polyclinique ProSanté à Niamey dont elle sera la Présidente Directrice Générale de 1992 à 2004. Elle est également représentante du Niger de Lanorex Côte d’Ivoire de 1994 à 2000 et consultante auprès de la Banque islamique de développement de 2005 à 2012 pour les études techniques des projets santé. Elle est aussi membre du comité exécutif de la Fondation Orange Niger.

Son engagement pour le développement de l’Afrique se manifeste également par plusieurs postes et mission sur tout le continent. De 2004 à 2015, elle participe à la gestion et à la mise en œuvre de programmes de développement de la santé, du sport et de l’insertion des jeunes. En 2004, elle devient membre fondatrice du Forum Africain d’Ouagadougou (AFO) pour le développement de l’Afrique. L’année suivante, elle est nommée directrice du village olympique des Jeux de la Francophonie de 2005 disputés à Niamey. En 2012, elle est nommée présidente du Comité de mobilisation de fonds pour l’équipe nationale de football à la CAN 2012, première participation de ce pays à une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Djamila Ferdjani a également été chargée de mission pour les Jeux de la Communauté des États sahélo-sahariens, présidente de la Fédération nigérienne de basket-ball. Plus récemment, de 2015 à 2018, elle est nommée experte du Comité International des Jeux de la Francophonie pour l’organisation de la huitième édition de cette compétition à Abidjan en 2017. Cette brave dame est devenue membre du bureau du think tank panafricain IPODE (Sénégal) pour contribuer à l’évolution et au développement conceptuel du continent africain au sein d’un groupe de personnalités variées.

Une militante engagée pour la cause commune

En tant que médecin de terrain, Djamila Ferdjani a pu directement constater l’ampleur des besoins de santé de la population Nigérienne, notamment de ses éléments les plus démunis. Déplorant une dissonance constatée entre son rôle de médecin et directrice d’une clinique dans le secteur privé, et les besoins du public, elle quitte son poste au sein de la polyclinique ProSanté et devient consultante en politique de santé pour différentes organisation nationales et internationales. Elle peut ainsi s’investir personnellement pour faire avancer des causes qui lui sont chères, notamment la scolarisation des filles, l’insertion et l’émergence des jeunes et la promotion de la femme en Afrique.

A travers ce parcours riche et salvateur, Dr Djamila ne manque d’initiatives pour son pays. Selon elle, le Niger est un pays immensément riche. Riche par ses ressources, riche par son potentiel humain, riche par sa jeunesse composant 70% de la population. « Pour atteindre le seuil de développement dont nous rêvons, chacune de ces 3 richesses doit évoluer dans des conditions optimales pour en extraire le meilleur, pour en obtenir le meilleur, pour en faire les meilleurs. Et c’est cela le combat que nous devons mener tous, aussi bien les dirigeants que les citoyens », a-t-elle précisé.

Pour rappel, Dr Djamila Ferdjani a reçu des distinctions lui faisant partie du classement FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) des 100 femmes leaders du Niger en 2012. Elle a également été élue « femme Nigérienne de l’année » par le quotidien nigérien TamTam Info en 2012.

La Rédaction

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