Domani DORE présidente de la Guinée Audacieuse «Il faut être capable de savoir ce que tu veux dès le début »

1
652

 Dans cette interview exclusive, Domani nous retrace les grandes étapes de sa vie.

Qui êtes-vous madame ?

Je suis madame Keita Domani DORE, femme politique et cheffe d’entreprise.

Que retenez-vous de votre  jeune enfance ?

Je suis issue d’une famille qui a une connotation très féministe. Mon père a eu le privilège d’avoir six filles. Nous avons eu une éducation très sévère. Mon papa nous rappelait toujours l’intérêt qu’il y avait à être instruit. Je me souviens encore, lorsque je rentrais de l’école, il me posait des questions autour de ce que nous avons étudié. Il n’hésitait pas à me dire « Chaque jours que tu reviens de l’école, si tu n’as rien appris, si tu manges mon repas, c’est que tu l’as volé ». Cela ne me quittait jamais la tête. Je ne voulais pas que mon papa me dise que le repas que je mange je l’ai volé. C’est pour vous dire combien de fois j’étais contrainte d’étudier dès mon enfance.

Parlez-nous un peu de votre parcours scolaire et universitaire ?

J’ai étudié entre l’école Victor Hugo et Africof de sangoyah parce qu’à un moment mon papa ne pouvait pas nous payer les études dans une école privée.  Donc je suis passée par le public ensuite j’ai terminé à l’école la providence. Après le baccalauréat, j’ai été orienté en philosophie à l’Université Générale Lansana Conté de sofonia. J’ai terminé en 2008. Nous avons été la première promotion des facultés des lettres de cette institution d’enseignement supérieur.

Comment avez-vous commencé votre vie active ?

Bon déjà au collège, j’étais parallèlement dans les activités associatives. J’étais dans le parlement des enfants. Au lycée, j’étais aussi dans le parlement des jeunes de la francophonie. Lorsque je suis rentrée à l’Université, j’ai milité également dans le parlement des jeunes de la Mano River. A côté de çà, j’étais dans le collège des jeunes leaders de Guinée. En plus, j’ai été porte-parole au programme des volontaires avec le ministère de la jeunesse.

J’ai tourné dans le domaine associatif. Parallèlement, j’ai créé ma petite entreprise de décoration de mariage. Je suis très fan de tout ce qu’est aménagement des évènements. Je suivais mes activités tant bien que mal. Comme je partais à la fac, les weekends je m’occupais très bien de mes clients.

J’adore la mode. Quand j’avais un temps libre, je partais travailler avec Safi création. Je dessinais pour les modèles. Quand elle avait des défilés, j’encadrais les miss. J’ai rajouté cela dans mon portefeuille d’agence d’organisation de mariages. Le placement des filles, des hôtesses.

Où et comment votre vie professionnelle a démarré ?

Quand j’ai terminé en 2008, par le canal de ma cousine, j’ai rencontré l’homme d’affaire Bouna Keïta. Il cherchait une assistance pluridisciplinaire pour sa société de vente de diamant. Le monsieur cherchait un profil qui semblait me correspondre. Il m’a demandé de venir travailler avec lui. C’est là que ma carrière professionnelle en tant que salariée a commencé.  J’ai commencé à utiliser un ordinateur, à ranger les affaires administratives.

Comment a débuté votre vie politique ?

Ma vie politique a commencé en 2009. Mon père a créé un parti politique le RDR. Je participais aux activités. Mais même mon père ne me prenait pas trop au sérieux. J’assistais aux différentes réunions mais en réalité, il ne me prenait pas comme un élément clé parce que je m’étais déjà mariée et j’attendais un enfant.

Après les élections de 2010, mon père président d’un parti politique qui a fait l’alliance Arc-en -ciel est nommé ministre de la communication. Comme les épouses des membres du gouvernement se réunissaient autour de la première dame, ma mère m’amenait souvent à ses réunions.

Un jour, madame Condé Djènè kaba m’a fait appel et m’a demandé d’être avec elle dans sa fondation d’aide humanitaire. Au début, mon bureau était au portail avec les gardes. Il n’y avait pas d’aménagement. Je me souviens du passage d’une amie avec laquelle j’ai fait les études qui m’a dit “eh Domani comment tu peux accepter d’être au secrétariat central”? Je lui ai répondu: oh je suis bien ici et au moins moi je vois la première dame tous les jours. Rire

Et là j’avais accès à beaucoup de rencontres, à des personnalités. Je vous avoue avec ma carte du cabinet de la première dame,  je me suis fait de grandes amitiés. Des amitiés qui demeure encore et je continuais toujours mes activités entrepreneuriales.

En 2012, j’ai annoncé ma candidature aux élections Communales pour être candidate uninominal de Lola. Le parti a estimé que je venais de nul part, une jeune dame de 25 ans. Au fait, on ne me prenait pas au sérieux. J’ai dû même m’endetté pour faire mes affiches.

Je suis restée à tourner, j’ai appris que le RPG avait déjà choisi un autre. Donc je suis restée à Conakry et le candidat Mamadouba Toss camara de matoto ma sollicité. Je me suis retrouvée la chargée de communication de sa compagne. C’était un grand challenge. Mais finalement l’UFR a remporté. Après cette période, j’ai continué avec le cabinet de la première dame plus mon entreprise et j’ai ensuite créé la Guinée Audacieuse.

Comment êtes-vous devenue ministre et quelle a été la suite de vos activités ?

Il faut savoir d’abord que les femmes sont très peu dans la politique. De réunion politique en réunion politique, j’ai été en 2014 ministre des sports. Après le poste ministériel, je suis revenue dans mon monde entrepreneurial. J’embrasse  l’agro-business en développant le café guinéen, en le relançant en terme de marque et en faisant que le café guinéen soit consommé ici et ailleurs.

Comment êtes-vous dans votre environnement familial ?

La femme a pris l’habitude de porter des responsabilités les plus difficiles telle que le foyer. Mais la société aussi à une lecture très mauvaise des relations que peuvent avoir un homme et sa femme. Une femme et son mari doivent être des complices dans toutes les activités. Se partager des tâches et se compléter.

Moi j’ai eu le privilège d’avoir un bon mari. On se soutient, on partage les charges. Ma maman aussi fait beaucoup de choses pour l’entretien de ses petits-enfants.

Quel est le secret de votre réussite ?

Il faut être capable de savoir ce que tu veux dès le début et se mettre dans cette posture. J’ai beaucoup travaillé, j’étais disciplinée et j’ai su choisir mes fréquentations.

Mamady CONDE

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici